Un pavé dans la mare – Correction

pavé dans la mare

Bonjour,

on n’a pas pour habitude de faire des « articles » sur ce blog, mais suite au buzz monstrueux concernant le Goncourt et ses corrections :

http://www.ebouquin.fr/2011/11/13/gallimard-le-dernier-goncourt-corrige-par-la-communaute-pirate
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/11/14/le-prix-goncourt-corrige-par-des-pirates_1603364_651865.html
http://www.01net.com/editorial/546452/le-dernier-goncourt-corrige-par-des-pirates/
http://www.rue89.com/2011/11/13/des-pirates-corrigent-les-fautes-dorthographe-du-dernier-goncourt-gallimard-226503
http://www.actualitte.com/actualite/lecture-numerique/acteurs-numeriques/quelques-coquilles-dans-un-goncourt-que-corrigent-les-pirates-29765.htm
http://ecrans.fr/Goncourt-2011-l-art-francais-du,13540.html
http://www.lexpress.fr/culture/livre/des-pirates-corrigent-l-ebook-du-goncourt-2011_1050618.html
http://www.lepost.fr/article/2011/11/17/2639849_goncourt-2011-les-coquilles-gallimard-s-en-tape-le-coquillard-et-les-hackers-font-les-coqs.html
http://www.lindependant.fr/2011/11/15/le-goncourt-des-pirates,84645.php
http://actualite.portail.free.fr/high-tech/14-11-2011/le-prix-goncourt-corrige-par-des-pirates/
http://torrentnews.net/2011/11/15/quand-le-dernier-prix-goncourt-2011-est-corrige-grace-aux-pirates/
http://torrentfreak.com/pirates-correct-typos-in-award-winning-book-111115
http://fr.news.yahoo.com/dernier-goncourt-corrigé-team-pirate-103000774.html
http://www.tomsguide.fr/actualite/goncourt-pirate-fautes,1609.html
Forum de numérama : http://www.numerama.com/forum/topic/115882-le-prix-goncourt-corrige-par-des-pirates/
http://www.pc-boost.com/actualite-1321337182-20-Le-dernier-Goncourt-corrige-par-des-pirates-.html
http://www.nouvo.ch/2011/11/livres-%C3%A9lectroniques-gallimard-m%C3%A9rite-une-bonne-correction
http://www.20min.ch/ro/news/insolite/story/Le-prix-Goncourt-corrige-par-des-hackers-28627178
http://www.chretiente.info/201111162622/le-roman-du-goncourt-truffe-de-fautes/
http://www.umour.com/fake_photo_rss_id.php3?identif=18209&titre=Goncourt%20%202011
http://www.lessentiel.lu/fr/hi_tech/actualites/story/Le-prix-Goncourt-corrigee-par-des-hackers-15708958

etc., etc.

Quelques précisions et corrections :

Les corrections n’ont pas été effectuées spécialement pour le livre d’Alexis Jenni. Nous effectuons ces corrections et vérifications pour tous nos ebooks. Si la source est un scan numérisé par nos soins, nous corrigeons l’OCR via un correcteur orthographique de traitement de texte, puis via nos macros, codées par nous-mêmes, spécialement dédiées à la correction orthographique et typographique des OCR, et librement téléchargeables sur notre site par tous ceux qui seraient intéressés par elles. Puis relu par au moins un relecteur, avant toute release.
Dans le cas où la source est un « rip » d’epub commercial, le minimum pour nous est la correction orthographique (traitement de texte) et macro, puisque cet ebook est « censé » être relu par l’éditeur ou ses prestataires. Nos formats (ePub, mobi, PDF) sont alors refaits de A à Z (pour éviter que ceux-ci ne « rament » sur reader comme le font certains commerciaux, pour se conformer à nos métadonnées, etc.).

Pour le cas présent (Goncourt), toutes ces fautes ont été trouvées via le banal correcteur orthographique de Word (logiciel non professionnel accessible à tous). Seul le point mal placé ne « sonne » pas et a été trouvé par macro (CheckBook). La liste n’est pas exhaustive (on vous a fait grâce des erreurs mineures : c’est-à dire ->c’est-à-dire, points manquants, etc.).

Ce listing publié sur twitter, était destiné à nos « followers », qui suivent notre travail. Publié car un Goncourt est un symbole pour la littérature et que ces fautes font évidemment mauvais genre, particulièrement pour celui-ci. Mais la plupart des ebooks commerciaux que nous traitons sont dans le même cas, et L’art français de la guerre s’en tire même plutôt bien par rapport à d’autres.

Le but n’était pas de jeter la pierre (mais un pavé dans la mare, peut-être) sur un éditeur (Gallimard) ou prestataire (ePagine) particulier, mais bien à l’ensemble des ebooks commerciaux vendus aux lecteurs numériques que nous sommes, tous éditeurs confondus via ce symbole ultime qu’est le prestigieux Goncourt.

Nous avions déjà, par le passé, alerté le monde de l’édition numérique au Bookcamp 2010 Paris, lors de notre atelier N°8 en présentant nos techniques de numérisation et en montrant des cas très concrets de mauvaise qualité d’ebooks commerciaux (erreurs, mise en page laissant à désirer, CSS des ePubs trop lourdes ou multiples (Nord compo) créés sur des outils pourtant professionnels mais non adaptés, faisant « ramer » le passage des pages sur liseuses, DRM bridant les utilisateurs mais n’empêchant absolument pas le piratage, etc.).

Cette année nous avons également été sollicités pour le Bookcamp 2011 Paris, et justement précisément pour l’atelier N°9 d’Abeline Majorel ( Chroniques de la rentrée littéraire ) intitulé « Comment organiser le circuit de correction ? » dont un excellent compte rendu a été fait ici, par Hubert Guillaud (LaFeuille) que nous vous invitons cordialement à lire :

bookcamp4 l’economie-de-la-correction/

Très révélateur, on cite :

Abeline Majorel a longuement discuté avec Brigitte Jenssen, correctrice extérieure pour plusieurs maisons, qui lui a expliqué qu’il n’y a plus qu’une correctrice en poste, feu rue Sébastien-Bottin. En 10 ans, c’est une trentaine de correcteurs qui ont été licenciés. Même chose dans la presse : Le Monde est l’un des rares journaux où il y en a encore. Ces dernières années, les maisons d’édition qui ont le plus supprimé de correcteurs c’est Gallimard, le Seuil et Grasset alors que leur production n’a pas faibli.

Dans la plupart des maisons d’édition, déplore Abeline Majorel, les correcteurs ont été remplacés par Pro-Lexis, le logiciel de correction orthographique, grammaticale et typographique qu’utilise massivement l’édition. Chez certains éditeurs, il n’y a plus d’intervention humaine. Et même quand il y en a encore, elle ne permet pas toujours d’éliminer toutes les erreurs

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’ils ne corrigent pas sur fichier, mais sur papier. (N.d.A. : Ce qui est aberrant à l’ère du numérique)

Nous ne sommes pas dans les secrets de fabrication (ni dans les petits papiers) des grandes maisons d’édition mais avons une bonne expérience dans la numérisation de livres (OCR), il nous semble que certaines des erreurs répertoriées (ç->c, é->e, points mal placés) pourraient effectivement venir d’une numérisation (en tout cas ce sont des erreurs typiques d’OCR) contrairement à ce que dément Éric Marbeau, responsable de la diffusion numérique chez Gallimard sur LEXPRESS.fr, alors que d’autres, de conjugaison, sont typiques d’une mauvaise (ou absence de) relecture. Contrairement à ce qu’affirme ce monsieur ou certains blogueurs à contre-courant, des premiers tirages numériques peuvent très bien être sans faute si le travail est bien fait (ex : Sarko m’a tuer dernièrement, 360 pages, aucune faute repérée via nos méthodes).

En tant que client de ces maisons d’édition, et en tant que lecteurs numériques, nous appuyons tous les blogueurs qui ont souligné le prix excessif pratiqué par certaines maisons d’édition ainsi que le frein et surtaxe de prix qu’imposent les DRM à l’achat des clients et au développement d’une offre légale viable (toutes autres industries culturelles : musique, vidéo, ayant d’ores et déjà arrêté ces pratiques qui nuisent aux consommateurs et n’empêchent pas le piratage).
17 euros est un prix que les lecteurs trouvent injustifié et qu’ils ne sont pas prêts à mettre dans un ebook (pas de frais de numérisation (puisque comme l’indique Éric Marbeau, le fichier source est le même pour le papier et numérique), pas de frais supplémentaires de relecture (si elle est effectuée)/correction puisque ce travail est déjà fait pour le papier, pas de matière première, pas d’impression, pas de stockage, etc). Prix qui est indexé sur le grand format broché et ne correspond pas à l’objet vendu. On ne peut croire sérieusement à l’étude volontairement sur-gonflée du MOTIF (et certainement commandée par un certain lobby de l’édition siégeant en son conseil d’administration, tout comme celles sur le piratage, les agents littéraires…) le coût d’un livre numérique alors que certaines maisons d’édition plus petites et certainement avec moins de moyens arrivent très bien à créer des ebooks entre 4 et 10 euros, les exemples ne manquent pas : Bragelonne, eBélial, etc.

Les lecteurs numériques aimeraient aussi pouvoir bénéficier de leur droit à la copie privée (taxe qu’ils paient sur leurs supports numériques : clé USB, disque dur, etc.) et pouvoir acheter une œuvre au lieu d’un support (papier, format numérique), les obligeant à racheter cette œuvre pourtant déjà payée s’ils souhaitent changer de support.

Les DRM, quant à elles n’empêchent absolument pas le piratage, gonflent anormalement le prix d’achat, brident les utilisateurs de leurs usages normaux d’un livre (changement de support, rachat en cas de changement de matériel, prêt, etc.) et éventuellement les empêchent de corriger les erreurs présentes. ;)

Fin de la correction…

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